L'ordinateur
Fin 1986, j'étais encore au lycée et l'ordinateur, ou personal computer, commençait lentement à s'imposer dans la vie professionnelle de beaucoup de gens et aussi chez eux. Pour moi l'ordinateur a constitué une amélioration de ma vie quotidienne. Jusqu'alors je travaillais en braille, à l'aide d'une machine à écrire, et je rendais mes devoirs en "noir", à l'aide d'une autre machine à écrire mais je ne pouvais pas relire moi-même les fautes de frappe que je faisais. L'ordinateur est donc entré à la maison : je me suis équipée d'une synthèse vocale. Toutes les informations qui s'affichaient à l'écran pouvaient m'être lues soit lettre par lettre, mot par mot, phrase par phrase ou le texte pouvait être lu en entier. Dorénavant je pus corriger moi-même mes fautes de frappe. Cela s'avéra notamment plus facile pour la correction des formules mathématiques que je devais rendre à mon professeur.
C'était l'époque de ce qu'on appelait le DOS, un système d'exploitation basé sur le texte, donc très accessible pour les personnes aveugles. Quand on voulait effectuer une opération quelconque, il suffisait de taper une commande sur le clavier et l'ordinateur l'exécutait.
Depuis l'ordinateur a bien évolué et j'ai été obligée de suivre cette évolution. Deux ans après mon premier équipement avec la synthèse vocale, j'ai acquis une plage tactile, ce qui m'a permis de me tourner vers des études de langues, puisque le braille est international. Avec la synthèse que j'avais à l'époque, qui ne parlait que le français, je n'aurais pas pu travailler dans une langue étrangère. Cette plage tactile faisait également fonction de bloc-notes, ce qui m'a permis de prendre des notes pendant les cours de façon plus rapide, et plus silencieuse, puisqu'auparavant je ne travaillais qu'à la tablette.
Ensuite vint la reproduction graphique appelée Windows, et là aussi, je me suis équipée des logiciels que les fabricants de matériel spécialisé ont essayé de développer pour que les aveugles ne restent pas à la traîne.
Certes Windows a des avantages par rapport au DOS puisque plusieurs applications peuvent fonctionner en même temps. Ainsi on peut écrire un texte avec Winword tout en éditant un tableau avec Excel, ou on peut se connecter à Internet pour envoyer le texte que l'on vient d'écrire avec Word.
Le passage à Windows est devenu pour les aveugles une étape nécessaire puisqu'aujourd'hui la plupart des imprimantes ne peuvent être pilotées que par Windows. Quand on demande dans un magasin à acheter une imprimante fonctionnant sous DOS, on vous demande presque ce qu'est le DOS.
Le travail sous Windows m'a demandé un plus long temps d'adaptation, puisque la philosophie de Windows, qui représente tout en graphique, est complètement différente de celle du DOS.
Aujourd'hui encore, je découvre de nouvelles possibilités ou même de nouvelles astuces me permettant de travailler plus vite avec Windows.
Parallèlement à cela, on a développé des scanners, qui permettent aux aveugles de lire des documents imprimés. Le scanner a aussi amélioré ma vie quotidienne. En effet, au lieu d'attendre deux à trois mois qu'un livre me soit transcrit en braille, je peux maintenant l'obtenir aussi rapidement ou presque que si je faisais une photocopie de ce livre. Les livres ne sont plus stockés sur des étagères entières, ni sur un nombre étonnant de cassettes, mais sur une simple disquette.
Grâce à l'ordinateur, je me sens aujourd'hui plus indépendante puisque j'ai accès à beaucoup plus de documents et que je peux communiquer avec d'autres sans l'aide d'une tierce personne : échange de disquettes, et surtout le courrier électronique appelé E-Mail. Grâce au Mail j'ai pu échanger rapidement des textes avec d'autres personnes. Par exemple on m'a envoyé par mail un texte à traduire, et j'ai utilisé le même moyen pour expédier la traduction terminée. Cela nous a gagné du temps et a surtout résolu le problème du déchiffrage du texte à traduire.
Si l'ordinateur est devenu pour moi un outil indispensable sans lequel je ne pourrais plus travailler, il me faut cependant évoquer quelques problèmes.
Problèmes rencontrés
Les problèmes deviennent de plus en plus complexes depuis l'apparition de Windows et du monde graphique.
Tout d'abord il y a une multitude de programmes, permettant aux aveugles de travailler avec Windows, dont chacun a ses avantages et ses inconvénients. La personne aveugle est obligée de choisir l'un de ces programmes. Ce choix est parfois imposé par le fait que la plage tactile ne fonctionne qu'avec un logiciel donné, mais parfois cela peut être aussi une question de préférence de l'aveugle pour un logiciel quelconque. Quel que soit le programme utilisé, les aveugles sont devenus plus lents dans l'utilisation de l'informatique car on ne peut avoir une vue d'ensemble de l'écran comme les personnes voyantes, mais on doit tout d'abord explorer l'écran à tâtons avant de pouvoir faire quelque chose sur son ordinateur. Alors que l'on pouvait utiliser tous les programmes fonctionnant sous DOS, sous Windows il existe parfois des problèmes de compatibilité entre le logiciel de navigation et l'application utilisée : par exemple on nous annonce qu'il y a une erreur et que l'application doit être fermée et on perd toutes les informations que l'on avait peut-être écrites sans pouvoir les sauvegarder.
Pour un débutant, le travail sous Windows ne pose pas trop de problèmes puisqu'il apprend la philosophie de Windows et que les applications fonctionnent toutes selon le même système de boîtes de dialogue. Mais les "anciens combattants" comme moi, qui ont débuté avec le DOS, ont des problèmes d'adaptation. Il n'est plus possible de contrôler exactement ce qui se passe lorsqu'on clique sur effacer, ou créer un nouveau répertoire. Windows crée sans arrêt des fichiers tampons dont on ne s'aperçoit pas toujours.
Jusqu'à présent il était possible de travailler avec les raccourcis du clavier, mais de plus en plus de fabricants de programmes se concentrent sur le travail avec la souris et oublient parfois que certaines personnes ont besoin des raccourcis du clavier. Ainsi la deutsche Telekom offre gratuitement à ses abonnés de Berlin ou de Munich un CD-ROM contenant l'annuaire de la ville (uniquement les pages blanches). Quand on lance le CD-ROM on s'aperçoit qu'il n'y a aucune possibilité de travailler avec le clavier. Tout se fait par la souris. Ceci est certes appréciable pour les personnes voyantes qui peuvent afficher le plan de la ville et voient tout de suite l'endroit où se trouve leur correspondant, mais les aveugles n'ont toujours pas accès aux informations et ont toujours besoin de l'aide d'un voyant pour rechercher un numéro de téléphone.
La plupart des dictionnaires, des journaux et des livres sont aujourd'hui stockés sur informatique. Mais à cause de problèmes juridiques, dont les droits d'auteur, il faut mener des négociations à long terme pour pouvoir éditer ces livres ou ces journaux dans un mode accessible aux personnes aveugles : sur disquette ou sur CD-ROM. Je peux citer l'exemple d'un CD-ROM regroupant les plus grands auteurs de la littérature allemande qui, au départ, n'était pas très accessible sous Windows. Un groupe d'aveugles en a informé l'éditeur qui propose aujourd'hui sur Internet un programme que l'on peut télécharger et qui permet de lire le CD-ROM sous DOS.
De plus en plus d'éditeurs proposent dans leurs catalogues des livres sur CD-ROM mais ces livres deviennent de moins en moins accessibles aux personnes aveugles car ils sont pour la plupart représentés en graphique.
Enfin, il y a la solution d'Internet : il existe de plus en plus de bibliothèques virtuelles, de journaux sur Internet. A son commencement Internet était très accessible aux aveugles puisque le système d'exploitation était Unix qui fonctionnait uniquement en mode texte tout comme le DOS. Pendant longtemps j'ai pu travailler avec le logiciel Lynx pour naviguer sur le WEB. Puis, de plus en plus souvent, quand je voulais me connecter à un journal donné, on me disait qu'il me fallait un programme du type Internet Explorer ou Netscape. Ces browsers sont en effet devenus nécessaires puisque les sites du WEB comprennent une grande quantité d'images et autres graphiques. Bien que les logiciels de navigation dans Windows permettent aujourd'hui aux aveugles d'utiliser Netscape ou Internet Explorer, l'accès aux pages WEB est rendu difficile par le problèmes des images et des publicités clignotantes qui apparaissent de temps en temps sur l'écran. Un aveugle qui ne connaît pas un site doit parfois se faire aider par une personne voyante pour comprendre comment il est conçu. On peut donc accéder à un certain nombre de journaux mais beaucoup ne sont pas en entier sur le WEB ou alors il faut communiquer son numéro de carte bleue, ce qui me paraît un peu dangereux.
Conclusion
Pour que les aveugles ne redeviennent pas des marginaux il faudrait enfin obtenir le droit d'accès aux livres sans être handicapés par les droits d'auteurs. Il faut faire accepter au grand public, que dans certains cas, l'édition virtuelle, soit sur disquette, soit sur CD-ROM, soit sur Internet, peut être indispensable. Il faut convaincre les éditeurs de journaux d'accepter de passer des contrats avec les particuliers ou avec des associations pour que les personnes aveugles puissent accéder, au même prix que les personnes voyantes, à la totalité du journal sur Internet.
Pour ce qui est des programmes informatiques il faudrait faire une ca l'amélioration de la communication entre les deux mondes que j'évoquais au début de mon exposé. Empêchons que le fossé se creuse à nouveau. Les aveugles ont gagné quelque chose avec l'ordinateur ils ne veulent pas redevenir des marginaux.
Cet exposé n'est que mon opinion personnelle. Il se base sur l'expérience que j'ai acquise depuis que j'ai commencé à travailler avec l'ordinateur et ne peut pas être généralisé puisque chacun fait des expériences différentes, et surtout, les besoins de chacun ne sont pas les mêmes. Je voulais ici n'apporter que le témoignage d'une utilisatrice de l'informatique et je remercie les organisateurs de ce colloque de m'avoir invitée pour que je puisse faire part de mon expérience.
Source : http://www.snv.jussieu.fr/inova/publi/ntevh/ordinateur.htm
L’Internet
La force des liens de l'Internet et son rôle social
Auteur : Internet-Actu - License CC
The Strenth of Internet Ties (La force des liens de l'internet) est le titre de la très intéressante étude que viennent de livrer John Horrigan, Jeffrey Boase, Lee Rainie et Barry Wellman pour le Pew Internet Project. Ils montrent comment l'internet aide à construire son capital social : les communications électroniques (et notamment l'e-mail) permettent de constituer des réseaux sociaux solides, même s'ils sont dispersés géographiquement.
Ces nouveaux réseaux ne se constituent pas au détriment des réseaux sociaux de proximité traditionnels, rappellent les auteurs. L'étude remarque d'ailleurs que l'étendue des réseaux sociaux serait plus grande pour les utilisateurs de l'internet (37 personnes en moyenne) que pour les non-utilisateurs (30 personnes). Ces réseaux de relation ne sont pas pour autant des coquilles vides puisque leurs utilisateurs y ont de plus en plus recours pour prendre des décisions importantes (professionnel, santé, éducation, achat…). Non contents de chercher des infos sur le Net, les gens y cherchent le soutien et les conseils de leurs amis et de leurs relations. D'ailleurs, les internautes américains sont de plus en plus nombreux (29 % des sondés) à reconnaître que l'internet a joué un rôle important ou crucial dans au moins une prise de décision (57 % pour les utilisateurs haut débit, 38 % pour les utilisateurs bas débits).
L'internet joue un rôle social bénéfique dans un monde construit autour de “l'individualisme réseaucentrique” comme l'explique très bien Jean-Pierre Cloutier, c'est-à-dire un réseau construit autour de chacun, dont on sollicite les personnes ou les ressources différemment selon les situations.
avantage : faire des recherches trouver des correspondants rester en contact avec le reste du monde
possibilité de dialoguer avec des proches de part le monde, possibilité de rencontrer des personnes avec lesquelles on partage les mêmes passions, multitude d'informations etc..
-lieu de culture générale par excellence
-trouver des infos sur un sujet qu'aucune encycl ne peut donner
-trouver les infos rapidement, et mieux et plus précises qu'une encyclo, et remises à jour régulièrement.
Je pense aussi que les informations sur internet deviendront petit à petit payantes. Elles le sont de plus en plus.
Et aussi de plus en plus surveillé.
inconvénients : les maux d'yeux la perte de temps la hausse des factures d'électricité. on passe trop de temps dessus à discuter justement on en oublie le monde réel, maux de tète.
Certaines infos sont de l'intox, et on a vite fait de s'intoxiquer
-les risques d'addiction
-faire prendre "des vessies pour des lanternes"... tiens... trouvez moi ça dans un dico... ou alors il faudra du temps (0,35 seconde pour trouver sur google)
Les sources : http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/internet/d/la-force-des-liens-de-linternet-et-son-role-social_8185/